Cercueil en cellulose Made in France

Crématorium de la Rochelle : incinération du cercueil en carton

Le crématorium de La Rochelle a procédé à la première incinération d’un cercueil en carton. Inédit

 

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Ceci n’est pas un cercueil ordinaire. Pour la première fois, le crématorium de La Rochelle a procédé à l’incinération d’un cercueil en carton, 100% biodégradable, selon les volontés d’une Rochefortaise. photo DR

Elle vivait proche de la nature et voulait un enterrement écolo. Ses enfants ont exaucé ses volontés. Lundi dernier, le corps d’une Rochefortaise de 87 ans a été incinéré au crématorium de La Rochelle dans un cercueil en carton et 100 % biodégradable (un mélange d’amidon de maïs et de pomme de terre). Une première dans le département et une tendance encore très confidentielle dans l’Hexagone. « J’ai huit magasins en France et c’est la première fois que l’on traite une telle demande », confirme la directrice des pompes funèbres Roc-Eclerc.

« Maman mangeait bio et était branchée très nature. Nous avons donc pensé à des funérailles vertes. On voulait faire quelque chose d’original, comme un clin d’œil », explique Lucette, l’une des filles de la défunte qui souhaite aujourd’hui partager cette expérience unique.

Un an de démarches

Une demande si étrange qu’il aura fallu près d’un an à la famille pour obtenir tous les accords et ficeler le contrat obsèques. « Il a fallu que je vérifie si le cercueil était bien homologué. Nous exerçons un métier très réglementé et très surveillé. Ensuite, il a fallu voir si cela était réalisable. Le crématorium de La Rochelle n’y a pas vu d’objections. On a dû seulement prendre certaines précautions comme régler les brûleurs », raconte Marc Briand, assistant funéraire, qui fut aux premières loges. Pour l’occasion, policiers, représentants des fraudes et personnel du crématorium s’étaient déplacés en nombre pour assister à cette première inédite. Même le curé n’y aurait rien trouvé à redire. « Tout s’est très bien passé. Au final ce fut une cérémonie comme une autre, mais avec un peu plus d’étonnement que d’habitude », poursuit Marc Briand.

En kit

Le cercueil donne l’impression d’être en bois, mais il ne l’est pas. Il est en cellulose. En apparence toutefois il ne diffère guère de son homologue en chêne ou en peuplier. À quelques exceptions près. Il pèse trois fois moins lourd, et arrive en kit avec une notice de montage. Si la boîte est faite à 100 % de carton recyclé, les accessoires ne sont pas moins écologiques. Un bouquet d’épis de blé fait office de croix. À l’intérieur, le coffre est tapissé d’un drap en lin bio. Marc Briand confie aussi que le temps de l’incinération est plus court qu’une crémation classique et, sans vouloir être morbide, le résultat définitif. « Lors d’une crémation, les cendres restantes sont composées aux 3/4 de cendres carbonisées du bois. Avec du carton, ce n’est pas le cas. Symboliquement, c’est important pour la famille de savoir ce qui se trouve précisément dans l’urne funéraire », estime-t-il. Autant d’éléments qui pourraient séduire une nouvelle clientèle soucieuse de ne pas sacrifier un arbre en voyant sa mort arriver.

Persuadée que les funérailles vertes vont cartonner dans les prochaines années, la responsable de Roc’Eclerc a déjà passé commande de dix cercueils en cellulose. Si les Français tardent à se laisser tenter, nos voisins suisses ou britanniques ont déjà mis un pied dedans depuis longtemps.

Qu’est ce qu’un cercueil à la cellulose ? http://www.adek-ouate.com/la-cellulose.htm à cliquer

 

22 juin, 2010 à 16:46


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