FFC – Respect des volontés et besoin de rites

Posté par euroiris le 4 novembre 2012

COMMUNIQUÉ DE PRESSE TOUSSAINT 2012

 

CREMATION : RESPECT DES VOLONTES ET BESOIN DE RITES


En France, la progression spectaculaire du mode d’obsèques par crémation (32% des décès en 2011) ne manque pas d’interpeller et de bousculer la tradition de l’inhumation avec une cérémonie religieuse au préalable, longtemps considérée comme la seule « norme sociale ».

 

C’est sans aucun doute un nouveau rapport à la mort qui s’installe, notre pays se rapprochant ainsi des pays d’Europe du nord où la crémation est largement majoritaire (plus de 70%).

 

Les mentalités et les modes de vie ont changé, avec des familles de plus en plus éloignées géographiquement, voire éclatées et recomposées.

 

L’individu veut, de plus en plus, décider de son devenir après la mort et ne veut plus que celle-ci soit une charge pour ses proches. Il a la liberté de le faire…et ses volontés doivent être absolument respectées, ce qui n’est pas toujours bien compris ni admis par la famille, surtout quand elle n’en est pas informée auparavant.

 

C’est pourtant la loi ! La Fédération Française de Crémation tient à la rappeler :

« Tout majeur ou mineur émancipé, en état de tester, peut régler les conditions de ses funérailles, notamment en ce qui concerne le caractère civil ou religieux à leur donner, et le mode de sépulture » (article 3 de la loi du 15 novembre 1887.

A défaut, le Code Pénal (article 433-21-1) prévoit que « toute personne qui donne un caractère contraire à la volonté du défunt, et qui en a eu connaissance, sera punie d’une peine de 6 mois d’emprisonnement et de 7500 € d’amende ».


Force est de constater, dans l’évolution de la société, une relative distanciation avec le fait religieux.

 

Est-ce pour autant qu’il n’y a pas besoin d’une ritualisation, d’une cérémonie civile, d’un hommage personnalisé, dans un lieu adapté, afin d’aider et accompagner la famille et les amis dans l’acceptation de la séparation physique d’avec le défunt et du commencement de l’indispensable deuil cathartique ?

 

Certainement pas ! En cela, les obsèques avec crémation ne diffèrent pas de celles avec inhumation.

 

Cette nécessaire ritualisation est un défi important à relever, notamment par les professionnels du funéraire, qui se doivent aussi d’assurer les volontés de ceux qui souhaitent disparaître sans cérémonie, ni hommage. Les Associations Crématistes, pour leur part, peuvent aider dans la préparation, voire la conduite, de cérémonies personnalisées.

 

En ce qui concerne la crémation, elle instaure incontestablement un nouveau mode de relation au défunt : l’intériorisation du souvenir (« Le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants »).

 

Il n’est plus forcément besoin d’aller dans un cimetière, qui plus est à la Toussaint, pour penser à ses « chers disparus ». Un objet, une photo, un écrit, une odeur, une chanson suffisent ! Sur ce point aussi, les habitudes changent, la « tradition » se perd… Il suffit, pour s’en convaincre, de voir le triste état des tombes à l’abandon dans les cimetières.

 

Néanmoins, en cette période de Toussaint 2012, beaucoup de nos concitoyens vont rendre hommage à leurs défunts et, de fait, vont peut- être réfléchir à leur propre devenir et à leurs funérailles.

 

Pour ceux dont les proches ou eux-mêmes ont choisi la crémation, nous les incitons à participer aux « cérémonies du souvenir » qui sont organisées un peu partout en France, notamment dans les crématoriums, à l’initiative des gestionnaires, voire des collectivités locales, et avec la participation active des Associations Crématistes.

 

Dans une société en mutation, n’est-ce pas un bon moyen d’instaurer un nouveau repère rituel, symbolique, qui fait le lien entre la mort et la vie ?

 

« Car ce qui donne un sens à la vie, donne un sens à la mort » (Saint– Exupéry -«Terre des Hommes»)

 

Le Président de la FFC

Jo LE LAMER

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